HALLE HANDEL FESTIVAL weekend n°2 05-06.VI.2022

HANDEL SEMELE 05.VI.2022

Semele HWV 58 Oratorio by G. F. Handel in the version in German language by Alfred Rahlwes (in German)

Sunday, 05 June 2022 11pm The George Frederic Handel Hall

  • Yeree Suh (Semele, soprano)

  • Johanna Winkel (Iris, soprano)

  • Ulrike Schneider (in place of the ill Freya Apffelstaedt - Hera, alto)

  • Henriette Gödde (Ino, alto)

  • Martin Mitterrutzner (Zeus and Apollo, tenor)

  • Ludwig Mittelhammer (Morpheus and Kadmos, bass)

Konzertchor Leipzig

Robert-Franz-Singakademie (Handel Prize winner)

Staatskapelle Halle (Handel Prize winner)

Music director: Howard Arman (Handel Prize winner)

Avec un saut d’un siècle dans le passé, la version de l’oratorio Semele de Haendel que propose de découvrir le Festival Handel de Halle, est tout à fait insolite. Une version à l’identique d’un concert qui eut lieu en 1922. Une époque où l’on tentait, timidement, de redécouvrir la musique du Caro Sassone. Cette reconstitution nous fait revivre l’intérêt et certainement l'enthousiasme que cette reconquête du patrimoine musical haendélien avait dû susciter.

Un orchestre sur instruments modernes dans lequel se côtoient deux pianos et un chœur à l’effectif surdimensionné au service d’une partition écourtée (il manque les rôles de Cadmus et Athamas notamment) et chanté en langue allemande significative d’une époque qui cherchait une unité nationale forte et une valorisation de la langue allemande. Après un temps d’adaptation (une ouverture lente, à la lourdeur d’une interprétation romantique), l’oreille tend à s’adapter peu à peu, après une certaine dose de bonne volonté pour chasser les critères d’interprétation actuels et accepter le voyage dans le passé. L’expérience déroutante, voire dérangeante ou amusante, n’est pas sans déplaire. Une expérience qui ne laisse finalement pas indifférent et qui aura même ravi les auditeurs qui ont offert une standing ovation aux artistes. Côté solistes, l’équipe réunie pour l’occasion était d’un bon niveau sans pour autant susciter d'enthousiasme particulier. A l’exception peut-être du rôle de Jupiter, admirablement interprété par le ténor Martin Mitterrutzner qui a porté la salle en lévitation avec son air “Where’er you walk” notamment. Un air teinté de délicatesse et d’un délectable phrasé, accompagné d’un chant sans effort apparent. Un pur moment de bonheur.


Martin Mitterrutzner, tenor

HANDEL IL TRIONFO DEL TEMPO E DEL DISINGANNO 5.VI.2022

HANDEL oratorio 'Il Trionfo del Tempo e del Disinganno' (or 'La bellezza ravveduta nel trionfo del tempo e del disinganno'
Sunday, 05. June 2022 19:30 The Concert Hall Ulrichskirche

  • Lucia Cortese (Bellezza, soprano)

  • Emmanuelle de Negri (Piacere, soprano)

  • Delphine Galou (Disinganno, alto)

  • Martin Vanberg (Tempo, tenor)

Accademia Bizantina

Musical director: Ottavio Dantone

Live recording by MDR Kultur / MDR Klassik

Emmanuelle De Negri, soprano

On ne compte plus les concerts et les spectacles consacrés à cette partition tant l’œuvre est sollicitée, à juste titre d'ailleurs. En effet, l’oratorio italien Il Trionfo del Tempo e del Disinganno (ou La bellezza ravveduta nel trionfo del tempo e del disinganno) a atteint une notoriété telle qu'il côtoie désormais la popularité d'un Giulio Cesare ou d'un Messie. Il aurait été presque surprenant de ne pas le voir programmé au festival de Halle. Ottavio Dantone en offre une lecture limpide et directe, dense et théâtrale tout à la fois. La soprano Lucia Cortese ne possède peut-être pas le timbre idéal du rôle de la Bellezza (timbre rêche accompagné d'aigreurs) mais son interprétation presque martiale de l’air “Un pensiero nemico di pace” notamment, dans lequel elle enchaîne les vocalises à la vitesse supersonique et avec un aplomb déconcertant, fait partiellement taire ces réserves. Le crémeux du timbre de Delphine Galou en revanche, fait toujours autant de bien, et l'on reste admiratif de ses notes graves et longues posées avec ces légers décalages intentionnels. Le ténor Martin Vanberg, force tranquille, assure sa partie avec grande classe. Enfin Emmanuelle De Negri impressionne de virtuosité (air “Come nembo” notamment) mais surtout d’expressivité avec ses récitatifs vivants et si touchants. Une réussite.

BESTIARY: Recital Inga KALNA & Ann HALLENBERG 6.VI.2022

BESTIARY: Handel arias involving animals

Monday, 06. June 2022 11:00 The Concert Hall Ulrichskirche

  • Inga Kalna, soprano

  • Ann Hallenberg, mezzo-soprano (in place of Maite Beaumont)

Donna Leon (reader)

Annett Renneberg (reader)

Il Pomo d’Oro

Zefira Valova (violin)

Un récital autour des figures animales dans les airs de Haendel. Ce dernier a composé environ 30 arias de ce type, aime à nous rappeler Donna Leon dans son introduction en langue anglaise. Une pratique courante à l’époque du compositeur. Le public connaissait, tout comme de nos jours, le sentiment ou la caractéristique particulière associée à l’évocation d’un animal, le lion = force et danger, le serpent = la menace, la colombe = la fragilité et la liberté, etc. Ce concert est dédié à la mémoire d’Alan Curtis avec lequel Dona Leon a longtemps collaboré et qui avait été à l’origine de l’idée du bestiaire. Un admirable témoignage discographique sous forme de livre-cd avait d’ailleurs vu le jour de son vivant. Contrairement au cd, qui comptait 4 chanteurs, le programme du concert proposait d'entendre deux chanteuses, deux habituées du Pomo d’Oro et du Complesso barocco, dont la mezzo-soprano Ann Hallenberg qui figurait déjà sur l’enregistrement (et qui remplaçait au pied levé Maïté Beaumont souffrante) et la soprano Inga Kalna. Deux voix que les aficionados du baroque connaissent bien et ont longtemps adulé. Mais le temps semble avoir commencé son œuvre laissant entrevoir quelques signes de vieillissement vocaux malheureusement. La soprano lettone peine dans les vocalises et semble à la lutte pour tenter de maîtriser un volume presque incontrôlable, ce qui donne lieu à des moments presque inaudibles et d’autres tonitruants. Pourtant on reste admiratif face à certains effets techniques renversants tels que ses trilles absolument divins qui semblent virevolter tels des oiseaux. Ann Hallenberg, quant à elle, affiche crânement des notes aiguës brillantes et vaillantes à la fois, ce qui lui permet d’être tout à fait crédible dans les airs martiaux tels que l'air 'Qual Leon' ou bien l'air 'Sta nell’Ircana'. En revanche certaines notes centrales semblent s’être affaiblies et provoquent un déséquilibre entre la partie haute et centrale de la voix. L’artiste reste cependant toujours aussi passionnante, ses attaques sont franches et percutantes, son phrasé fluide et délié à la fois ce qui lui permet de rendre son texte extrêmement compréhensible et expressif.

Ann Hallenberg, mezzo-soprano
Inga Kalna, soprano