Léa DESANDRE - AMAZONES - Innsbruck 17.VIII.2021

AMAZONES - Innsbruch 17.VIII.2021 20h 

Léa DESANDRE, mezzo-soprano

Ensemble Jupiter

Conductor: Thomas DUNFORD


Music & arias by Provenzale, Cavalli, Viviani, Schürmann, Pallavicino, Philidor, Marais, Destouches, Vivaldi, de Bottis. 

Léa Desandre ©Julien Benhamou 
Ensemble Jupiter ©Julien Benhamou 

          With their programme Amazones, the ensemble Jupiter and mezzo-soprano Léa Desandre wish to urge us all to preserve our planet and fight like Amazones, who were so close to Nature. Through a programme of short arias in Italian & French, alterning different atmospheres, the singer displays amazing vocal capacities full of expressivity and emotion. 

          Ce titre sied tellement bien à la conquérante Léa Desandre qui rafle tout sur son passage: titres, prix, enregistrements, renommée internationale, à la tête de son ensemble, collaborations prestigieuses (avec notamment Cecilia Bartoli), le tout à seulement 28 ans. On connait le mélange des genres propre aux Amazones, à l'image de la voix inclassable de la chanteuse: tantôt mezzo-soprano tantôt soprano. Mais l'explication de cette thématique, c'est la chanteuse elle-même qui va la livrer en direct lors de ce concert qui s'est tenu le mardi 17 août 2021 dans la salle Riesensaal (richement décorée d' impressionnants portraits) du palais Hofburg d'Innsbruck, en prenant la parole en anglais: "Nous sommes tous des Amazones", nous avons une mission poursuit-elle, celle de préserver notre terre et de mener ensemble le combat. Véritable hymne à la nature, le programme nous emporte dans un voyage sensoriel, émotionnel, universel, humain, sensible, poétique, vibrant, parfois violent. Détruire la nature, c'est nous détruire comme semble le dire le texte mis en musique de Bottis "Lieti fiori, erbe odorose...ristorate un cor che mora", le personnage, désespéré, va puiser sa force dans la nature ou celui de Vivaldi "Onde chiare ... consolate il mio desio". 

          Le premier air de Provenzale "Non posso far" donne d'emblée le ton à ce concert et invite les femmes à laisser tomber leurs robes et à s'armer dans un rythme espagnol endiablé, poussant l'artiste à danser, rire aux éclats et nous emporter dans son voyage. Un programme savamment conçu qui permet d'enchainer rapidement des airs courts et d'alterner des atmosphères contrastées. On passe de la délicate plainte de l'air "Ô Mort!" de Destouches  ou de celle si sensible de Bottis et son hymne à la liberté "Che farai misero cor" à des rythmes martiaux avec Philidor "Combattons, courrons à la gloire" ou Destouches "Quels coups" (véritable mini opéra à lui seul) ou encore à des rythmes joyeux et entrainants tels que la mélodie addictive de Schürmann dans son air "Non ha fortuna". On apprécie alors la clarté d'un texte impeccablement déclamé (en italien ou en français) même dans l'urgence d'un "Scendero, volero, gridero" qui court après les mots. Le timbre est superbe, l'interprétation sensible, vibrante et toujours expressive. Les vocalises fusent, les cadences sont infernales, et les aigus stratosphériques sidèrent. La voix longue semble ne pas craindre les tessitures et en brave les limites. Rien ne semble résister à Léa Desandre, si jeune, elle a déjà tout d'une grande. 

          Les musiciens ne sont pas en reste, chacun montrant une personalité solide de soliste, à l'image du génial Thomas Dunford qui fait de son luth un instrument qui distribue de la magie et des étoiles plein les yeux. D'ailleurs ce sont deux de ses compositions qui seront données en bis "Amzones, nous sommes tous Amazones" (sur un texte d'Erik Orsenna) ainsi que "We are the ocean, each one a drop" qui permettra à chaque musicien de se distinguer au travers d'un petit solo comme cela se pratique en jazz et finir sur un duo vocal entre Léa et Thomas. Un régal !

PICTURES: © Michael Venier